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dimanche 13 décembre 2015

Session épaves. 4 : retour sur le Saumur (2/2)

Article initialement paru en 2009.

Remontant le pont avant vers le château, je me dis que les conditions sont suffisamment bonnes pour passer un peu de temps à visiter les restes de la partie habitable. Elle a beaucoup souffert depuis l’an dernier. Tous les montants les plus à l’extérieur ont désormais disparu et une cloison est tombée sur la baignoire.


Le château s’est écroulé sur lui-même de l’intérieur.



Il est facile de passer par le pont inférieur et de traverser les décombres…


… Pour ressortir par une porte de l’étage au-dessus donnant sur le pont à l’arrière.


Entre les cales et les restes du mât de charge arrière, nous retrouvons le poisson lune.







Il est identifiable par la marque claire au bout de sa nageoire ventrale.


Lentement, il finit par s’éloigner de l’épave dans le bleu.


Il nous faut regagner le bout et remonter. Nous avons eu la double chance de la très bonne visi et de ces deux moments passés avec ce poisson un peu étrange pas trop perturbé par notre présence. Rare conjoncture !

Session épaves. 4 : retour sur le Saumur (1/2)

Article initialement paru en 2009.

On peut plonger encore et encore sur une épave, l’explo sera différente au gré des conditions de visi et des rencontres. Parfois, c’est bonne visi et belle rencontre…
Tout le château est visible, et même plus. Nous avons suivi le bout jusqu’à l’épave, comme d’habitude, mais ce guide est aujourd’hui inutile au-delà des 20 m.


Nous contournons les restes de la structure en grande partie effondrée du château et nous partons sur bâbord en direction de la tourelle portant la mitrailleuse, objectif classique lors de la visite du Saumur.




Pas besoin de chercher le câble pour passer la cassure, le pont avant se déroule devant nous.


Sur notre droite, en travers des cales, la base du mât de charge entourée de ses deux tubes marque la progression vers la seconde partie du pont.


C’est là que nous faisons la première rencontre. Une palanquée est déjà en pleine observation d’un poisson lune au nez pointé vers le haut.


Nous nous arrêtons sur place. Observé par 5 plongeurs faisant des bulles, l’animal se sent dérangé et fait mine de partir dans le bleu…



… Pour finalement obliquer et venir tourner devant nous et traverser le pont avant de s’évanouir dans le bleu.




Nous aurions pu terminer là l’explo et remonter avec le sourire. Mais nous n'en sommes qu’au début de la balade et nous poursuivons vers la proue.
Sur le gaillard d’avant, la tourelle bâbord est la seule encore dressée des 4 dont l’épave était équipée.



Nous continuons jusqu’à la proue entourée d’une nuée de poissons.


Les ancres sont encore à poste.


De ce point de vue, la proue, la tourelle et les premières cales sont visibles jusqu’à la base du mât de charge que l’on distingue. Nous avons largement le temps de faire le retour pour visiter le château…

A suivre…

mardi 24 novembre 2015

Conservation, mise en valeur et oubli (2)

Article initialement paru en juin 2012

Comme je l’ai dit précédemment (voir Conservation, mise en valeur et oubli), les vestiges sont parfois maintenus sur place, parfois entreposés dans des locaux dédiés et parfois utilisés pour la déco, tout simplement. D’autres intérêts peuvent être associés aux vestiges extraits : l’histoire et la pédagogie. Mais pour cela, encore faut-il que les objets soient accessibles et valorisés par ceux qui en ont la connaissance.

Pour les amateurs des épaves de la région, le Saumur a une spécificité. L’un des points forts de sa visite est son emblématique mitrailleuse qui tourne encore sur son axe. Elle avait une sœur jumelle, montée elle aussi sur une tourelle sur le gaillard d’avant, qui a été remontée il y a un peu moins de 20 ans. Pas facile pour le plongeur de deviner les détails de l’arme sous la couche d’encroûtement.


Après sa réquisition par l’Axe, le Saumur avait reçu 4 mitrailleuses : 2 à la proue et 2 à la poupe. Cet armement devait servir essentiellement à la lutte anti-aérienne de ce long et lent cargo.
Il existe à terre dans la région une mitrailleuse soigneusement nettoyée et entretenue. Elle est incomplète et ne tourne plus, mais elle peut être utile à qui aimerait savoir à quoi ressemblait l’armement du Saumur avant qu’il serve de support de développement à toute une biodiversité marine solidement accrochée.


Cette mitrailleuse n’a pas d’indication de provenance. Hors de son contexte d’origine, elle est anonyme. La traçabilité n’est plus qu’orale avec les risques d’altération voire de perte d’information. A ceux qui lisent cet article, ces images sont là pour le souvenir, la conservation, la mise en valeur, mais pas l’oubli.

samedi 21 novembre 2015

Feels like home (2)

Article initialement paru en octobre 2008

Nous sommes au-dessus de la plaie béante. Le bateau a sombré d’un seul tenant, malgré l’énorme brèche provoquée par l’explosion. Aujourd’hui, il ne sera pas nécessaire de chercher le filin tendu entre le côté tribord avant du château et le pont avant, l’épave se dévoile progressivement devant nous. C’est une bonne occasion d’enregistrer visuellement des parties que nous ne voyons habituellement que par fragments.
Il me semble que la paroi qui faisait face à la cale avant est tombée d’un étage et s’est posée contre cette cale.


Côté tribord, l’échelle permettant la descente sur le pont avant gît couchée proche des bittes d’amarrage. Le filin, utile par visi très réduite, y conduit.


A l’intérieur de cette cale, l’échelle pour y descendre est toujours bien fixée, elle. Nous n’irons pas remuer la vase au fond.


Devant nous, une palanquée a pris la direction de la proue.
Nous la suivons, longeant ainsi les cales dont il ne subsiste de la couverture que des poutrelles métalliques.


A mi-chemin de la proue, les restes d’un mât de charge abattu et des manches à air brisent le rythme des poutrelles. De part et d’autre sont figés de gros treuils pareils à ceux du pont arrière. Un filet recouvre l’ensemble comme une grande moustiquaire dont ne semblent pas s’inquiéter les nombreux anthias.



Plus loin, toujours côté bâbord, se trouve la seule des mitrailleuses du Saumur encore dressée sur sa tourelle.


Grâce aux bons soins des plongeurs, elle tourne encore sur son axe.


Encore quelques mètres plus en avant et nous sommes à la proue. Les chaînes maintiennent encore les ancres à poste dans les écubiers. Elles sont inutiles, depuis 64 ans le Saumur a définitivement mouillé. Là où s’est arrêtée sa vie de navire a commencé une histoire d’épave.


Après des dizaines d’immersions sur le Saumur, une promenade comme celle-ci apporte une autre vision de ce terrain d’aventure dont on n’a finalement jamais totalement fait le tour, bien que le périmètre soit limité (99 m de long quand même). Etrange sensation de découvrir encore des parties de cet espace de jeu où l’on pourrait pourtant déambuler avec ses collègues de palanquée à la manière d’un guide touristique. « A votre droite la baignoire, devant vous un bossoir écroulé, à votre gauche les restes de balustrade surplombant le pont arrière et si vous vous retournez, vous apercevrez le seul bossoir encore en place. Nous allons à présent descendre dans la salle des machines. Restez groupés. Le ménage n’a pas été fait depuis le naufrage, attention à la tête et aux robinetteries… »

Il me suffit de fermer les yeux…

Feels like home
I should have known
From my first breath…

Feels like home (1)

Article initialement paru en octobre 2008

Je ne connais presque rien des mangas, ni des films d’animation de ce style graphique. Mais du peu que j’en ai vu, je garde de bons souvenirs, comme cette porte qui s’ouvre sur des lieux différents selon la couleur choisie sur un cadran. Je trouve là une similitude avec les plongées. Jusqu’au moment de l’immersion, quel que soit le site, le bateau est toujours au-dessus de la même eau. S’immerger revient à ouvrir la porte après avoir choisi la couleur sur un cadran à peut-être 25 couleurs. Mais il y a pour moi une différence majeure avec cette scène répétée du film d’animation. Dans le cas de la plongée, je n’ai pas le sentiment de sortir de chez moi, non, c’est plutôt l’inverse, une seule porte d’entrée pour peut-être 25 chez-moi… Et tout comme dans mon logement de terrien, le ménage et l’ordre ne sont pas toujours bien faits…

J’avais dit la dernière fois que la visi n’était pas toujours réduite. Voici un exemple sur le Saumur. Ce matin-là, nous avions délaissé l’Alice Robert. Il faut bien changer de temps en temps, tourner le pointeur du cadran sur une autre couleur, un autre bleu-vert, parfois très vert, cette fois plus bleu. Pourtant, j’ai cédé à l’envie du noir et blanc.

Nous commençons la visite de ce monument historique par l’arrière. Nous passons ce qui me fait penser à un Torii, un portique de lieu sacré. Les 3 piliers assemblés, restes en réalité de 2 manches à air et d’un mât de charge, ne ressemblent pas vraiment à cet emblème architectural du shintoïsme, mais pourtant j’y pense.


Juste à côté, en travers du pont, les gros treuils entre les cales. Une autre palanquée, côté bâbord, suit le pont dans la même direction que nous.


Parmi les débris sur le pont côté tribord, un congre a élu domicile dans une sorte de gros cache-pot troué. Je m’arrête et le regarde. Je ne le sens pas tranquille, mais pas énervé pour autant. Je prends une photo et le temps de changer les réglages de mon appareil, il sort et me passe devant, trop près ! Pousse-toi le congre, tu vas être flou ! Tant pis pour les essais de réglages, puisqu’il nage, je le suis le long de la coque.
Mais il descend… Et je ne peux pas laisser seul mon binôme qui n’a pas le droit de dépasser les 40 m… La poursuite tourne donc court. Dommage.
Au bout de la cale arrière, le château. Cette fois, nous n’entrerons pas dans les niveaux inférieurs. Prenons l’échelle, façon de parler.



Un passage par la salle de bain, avec la baignoire toujours aussi mal entretenue, et nous sommes à côté du bossoir encore dressé à l’angle arrière tribord.



En longeant la coursive tribord, on se rend compte que la structure métallique est tordue, tirée vers l’extérieur. Or, c’est précisément là qu’est fixé le bout de balisage du Saumur depuis des années. Y a t-il un lien ? Les tractions des bateaux amarrés seront-elles la cause du démantèlement du château de cette épave ?

Un peu plus loin, quelques pans de cloisons tiennent encore, mais je pense qu’il ne faudrait pas trop s’y appuyer… Quant aux carreaux, ils sont définitivement propres.


En prenant un peu de hauteur du côté bâbord, on découvre le trou béant laissé par la disparition de la cheminée, et à travers lui une ouverture sur la coursive tribord.


Autres trous, ceux du plafond de la cuisine. Je remarque que certains cercles de fonte des fourneaux ont été bougés depuis mon dernier passage dans cette pièce.



Enfin, nous arrivons au bord du château, à la cassure provoquée par la torpille. Le bateau a été éventré au ras de l’avant du château, comme l’Astrée d’ailleurs. Le pan de tôle qui se trouvait là est à présent en partie appuyé contre la cale avant.


Mais j’anticipe, nous verrons cela la prochaine fois. Il nous reste encore pas mal d’air…